Douleurs

Mercredi 9 décembre 2009 3 09 /12 /Déc /2009 19:20

La vie c'est aussi ça. On se lève un beau matin avec la furieuse envie de tout changer de A à Z. Du sol au plafond. De la tête au pied. Tout changer, moi je vous dis! Tout effacer et recommencer de plus belle. Recommencer à zéro pour mieux repartir. Hélas, il y a tellement de choses à changer qu'on ne sait jamais où donner de la tête pour commencer sa propre révolution.

 

Et si finalement on commençait par ici? Par une petite révolution de ce blog. On efface tout et on recommence. Nouvelle couleur. Nouveau nom. Nouvelles envies. Celles-ci, j'en suis sûre, ne plairont pas à tout le monde. Les premiers échos reçus étaient légèrement négatifs mais instructifs. C'est « trop rose », « trop fille », mais c'est aussi « trop toi ». Alors si c'est trop moi, on fonce tête baissée et on se moque du qu'en-dira-t-on. Par ici la nouveauté : Mémoires d'une jeune fille dérangée...

Par zelda zonk - Publié dans : Douleurs
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Lundi 30 novembre 2009 1 30 /11 /Nov /2009 23:12

Les dés sont jetés. Rien ne va plus. Alors que le mois décembre pointe le bout de son nez et sa liste de Noël avec, que la grippe me nargue jusque dans mes satanées terres et que mes contemporains me filent de plus en plus la rage par leur indécence généralisé, je me demande où chercher du réconfort en ce bas monde.


Pas la peine de compter sur ma plus fidèle amie pour une virée chez H&M, c'est la fin du mois et les caisses sont désespérément vides. Il faut croire que ma carte bancaire ne supporte plus, elle aussi, mes caprices les plus fous. Pas la peine non plus d'espérer sur les vertus thérapeutiques du chocolat pour compenser un manque quelconque. J'ai le devoir de le rayer de ma vie: le Nutella à 1H00 du mat' quand mon petit ventre me réclame du réconfort... Chut! Il y aurait bien la possibilité consolatrice de s'enfermer dans une salle obscure et de se couper du monde pendant près de deux heures avec pour seul et unique compagnon : le grand écran. Hélas, pensez-vous, à cette époque de l'année, même le cinéma me fait des infidélités. À l'affiche, il n'y en a que pour les gosses et leurs contes de Noël d'une naïveté affligeante ou pour les adolescentes frustrées et hystériques espérant la morsure prochaine d'un vampire so sexy. Rien ne va plus, moi je vous le dis.


Décembre s'annonce et la déprime hivernale l'accompagne. Un mauvais remake de Bridget Jones mais, malheureusement, sans la vodka. Dans mes oreilles, Piaf gouaille qui ne lui arrive « Rien de rien », et je partage tristement son sort. Dans mes mains, mon « Grazia » m'informe que c'est officiel « Bitcher ça fait du bien ». Mais oui, elle est là la solution! Comment avais-je pu oublier cette règle fondamentale du savoir vivre ensemble. Le bitching! Cette manie folle qu'ont les filles perdues de se réconforter en déblatérant pendant des heures sur la médiocrité de leurs contemporains. Bitcher ensemble de toutes nos forces sur le monde et surtout sur les autres. Alors ça bitche de tous bords sur MSN, par SMS, sur Facebook, à la terrasse d'un café ou au Mcdo, chez Zara ou Sephora. Peu importe l'endroit. En public ou en privé, peu importe. Bitcher se conjugue à tous les temps et à toutes les personnes. Bitcher est un art et, par ces temps obscures, ma seule véritable distraction. Et figurez-vous que, selon des chercheurs américains, cet art si raffiné favorise les relations sociales! Alors oui, sachez le, l'exquise critique que je suis bitche sur tous les fronts (et surtout sur vous tous).



Parce que dès fois, il est grandement nécessaire d'oublier l'espace de quelques minutes les désastres qui surviennent dans nos modestes vies, j'ai décidé de pratiquer allègrement le bitching. Mais attention, débarrassez-vous de vos préjugés. Le bitching est une noble cause et surtout un sport national avec des règles bien précises... ou plus exactement avec un unique commandement. La règle magistrale de cet art si méchant mais tellement jouissif : consommer (sans modération) du Gossip Girl afin de devenir la meilleure bitcheuse de l'année. Une Blair Waldorf française. Un délicieuse peste mais sans-le-sou. Définitivement charmant. Aux heures les plus sombres de votre vie, cette série made in New York City est plus efficace que n'importe quel anti-dépresseur, sortie entre filles ou vaccin contre la Grippe A. C'est la crise, plus rien ne va, mais il vous reste Gossip Girl, ses gueules d'anges, ses langues de vipères, ses quartiers huppés et tout ce qu'on ne pourra jamais avoir dans notre bonne vieille France d'en bas. Oublier les niaiseries de l'adolescence les Dawson ou Frères Scott qui vous vendaientt un mauvais rêve à l'américaine où le héros était beau,gentil et... blond! Gossip Girl vole la vedette aux basiques soaps à l'américaine et à leurs beaux garçons sages. Elle les bat à base de talons aiguilles et de langues bien pendues. Sachez-le, la fille d'aujourd'hui en a assez des amourettes médiocres de la middle classe américaine, ce qu'elle veut c'est de l'Upper East Side, des appartements luxueux, une garde robe pleine à craquer de robes griffés des plus grandes marques, de la poudre blanche sur le bar, des heures et des heures de bitching et des amourettes sulfureuses avec des mauvais garçons. Oui, la fille d'aujourd'hui est d'une grande méchanceté et sa futilité est encore plus vaste quand elle réserve ses nuits à Dan Humphrey, Nate Archibal et Chuck Bass. Mais la futilité s'assume comme les jeunes new-yorkais des beaux quartiers arrivent sans difficultés à assumer leurs drames de gosses de riches. Alors moi, malgré ma verve anti-capitaliste, anti-bling-bling, anti-tout, j'assume pleinement mon addiction à la meilleure série de mon adolescence sans limite. Complètement addict, moi je vous dis.


L'autre jour, lors d'une longue discussion dont l'activité première était le bitching, une de mes amies s'est demandée, d'un ton très juste, pourquoi nous étions devenues addict au visage parfait de Nate Archibald et à la garde robe de Serena Van Der Wodsen. Vaste question. Question philosophique presque. Comment esquisser un zeste de réponse ? Nous sommes devenues des fanatiques de cette Gossip girl pour diverses raisons. Contradictoires et complexes, les voici... Puisqu'ici bas, nous sommes des héroïnes de merde sans le sous, sans le job et sans le mec. Puisqu'ici bas, nous vivons au pays du cauchemar, que les journées sont peuplées de questions cauchemardesques et par conséquent sans réponse: vais-je trouver un travail, vais-je pouvoir payer mon loyer ce mois-ci, vais-je pouvoir fêter Noël dignement. Parce qu'ici bas, notre cœur s'emballe quand notre carte bancaire se voit faire un achat supérieur à 20 euros. Parce qu'ici bas, on se plaint à longueur de journée que rien ne va et que rien n'ira mieux demain. Parce qu'ici bas, on a conscience malgré nos plaintes indigestes qu'il y a pire que nous aux quatre coins de la planète. Alors pour fuir toutes les conséquences médiocres de cette vie ici, on se fait volontiers kidnapper le temps d'une nuit par la limousine du machiavélique Chuck Bass. La fille d'aujourd'hui a délaissé ces contes de princesse pour une nuit avec l'élite new-yorkaise. Dans le noir, elle suit avec avidité les péripéties d'un monde qui lui est inconnu et qu'elle jugeait, jadis, d'un mauvais œil. La première fois, elle culpabilise d'avoir passée sa nuit avec des jeunes filles dont l'unique dilemme est le choix d'un sac à main pour la soirée. La seconde fois, elle sait qu'elle reviendra une troisième fois pour le sourire à tomber par terre de Dan Humphrey. La troisième fois, elle comprend enfin que cette Gossip Girl, blogueuse anonyme qui fait exploser les secrets sulfureux de la jeunesse dorée de Manhattan, lui inculque quelques bonnes règles de savoir-vivre indispensables à la survie en société. Ainsi au bout de quelques épisodes et quelques nuits d'insomnies, Gossip Girl devient indispensable à votre vie de jeune héroïne de merde désabusée. Parce que grâce à elle et ses sujets scandaleux (pour la très puritaine Amérique non pas par la vicieuse France), on s'échappe l'espace d'une nuit pour un ailleurs luciférien. Un monde bâtit sur un agréable soupçon de rêve. Un amour, gloire et beauté devenu un sexe, fric et beauté de l'éphémère jeunesse. Ajouté à cela une bonne dose de bitching sans scrupules et vous obtiendrez la meilleure série américaine des années 2000.


Oubliez donc vos tracas le temps d'une nuit. Effacez l'appréhension du lendemain de votre esprit. Envolez-vous pour New-York et sa futilité, à laquelle, je suis sûre, vous n'échapperez pas malgré vos a priori. Puisque comme dirait Gossip Girl à chaque nouvel épisode de bitching : You know you love me...

 

Voir un extrait de Gossip Girl

 


 

 

Par zelda zonk - Publié dans : Douleurs
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Mercredi 30 septembre 2009 3 30 /09 /Sep /2009 12:47

Je me rappelle très bien la première fois que je l'ai rencontré. Adolescente scotchée à la petite lucarne, mon rendez vous du samedi avait lieu sur Canal+. Dans une pièce au décor design. Un canapé, un bar, une chaîne-hifi, quelques écrans et la voix de Pascale Clark. Le strict minimum pour une jolie rencontre. Un jour, il est entré. Lui était là. Discret et écorché. Elle était absente. Présente par sa voix et son amour pour lui. Oui, elle était amoureuse de lui, tellement amoureuse que ça m'en faisait mal au yeux. Moi: c'est qui ce type? Hein, Miossec? Connais pas. Il a l'air un peu triste quand même. Même carrément abîmé, ce type. Elle avait cette façon si particulière de l'appeler « Christophe ». C'était écœurant. Ça crevait les yeux qu'elle était dingue de ce mec, mais moi, personnellement, je comprenais pas pourquoi. Pff. Adolescente, finalement, on comprend pas grand chose. Même rien du tout.


Je m'en vais. Il chanté ça, je crois, quand je l'ai recroisé à surfer sur ma nouvelle petite lucarne préférée. Je l'écoutais sans cesse avec cette envie de lui crier « un casse toi pauvre con! ». Ce piano, ces mots et toutes ces salades racontées quand le mot « rupture » fait son entrée dans une maudite vie. La chanson se répétait encore et encore. Je ne m'en lassais pas. Il se justifiait de façon si minable. Un vrai mec. Un pur et dur. Un lâche. Il m'embrassait jusqu'à en mourir, si mes souvenirs sont bons, c'est ce que Miossec me murmurait pour soigner mes bleus. Puis Miossec s'est éloigné. Préférant son premier amour: La Bretagne. « Je m'en vais pour que tu ne m'oublies à jamais » me chantait-il. Va t-en.


Puis Miossec m'est revenu. Finistérien. Cynique et humain, avec sa voix cassée, il est réapparut pour me chanter les tracas du quotidien et tellement plus encore. Cette fois-ci, A Montparnasse, c'est lui qui s'est fait planté là sur le quai. Bien fait. Il ne méritait que ça. La bête furieuse n'avait point changé. Toujours ces complaintes gueulantes de désespoir dans la chaîne-hifi. Miossec s'empare toujours de moi. De la même façon. L'étreinte est toujours la même. Brûlante, violente et incroyable de vérité. L'écouter encore et encore pour comprendre un peu mieux tout ça.

 



Ecouter Finistériens sur Deezer

 

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Lundi 10 août 2009 1 10 /08 /Août /2009 17:30
Sois sereine, mon coeur. C'était le titre de l'épisode. Jamais je n'ai pu me l'ôter de la tête. Mon épisode préféré, conservé avec soin dans cette ancienne K7. Episode 13, saison 6. "Sois sereine, mon coeur" disait une patiente septuagénaire à Abby Lockart, une modeste interne lâchée dans la tourmente des Urgences. L'épisode était à l'image de la série et de la vie, aussi. Un truc bien trop court qui vous prend à la gorge pendant 40 minutes, vous fait sourire puis pleurer l'instant d'après. Vous fait éprouvez en moins d'un quart d'heure  les sentiments les plus contradictoires. De l'amour de votre prochain, l'instant d'après, vous passez à la haine de votre système. 
"Sois sereine, mon coeur" disait ce fameux épisode plein de mauvaises surprises comme la vie. On y voyait se succéder deux enfants perdant leurs parents dans un accidents de voiture, un médecin et son interne attaqués par un patient schizophrène, une vieille femme sur le point de mourir en toute sérénité.
A cette époque là, j'avais l'âge de 15 ans, mon amoureux s'appelait John Carter et j'avais rendez vous avec lui tous les dimanches soirs sur France 2. Hier soir, il m'est réapparu. Plus beau que jamais, mais avec une certaine tristesse dans le visage que je ne lui connaissais pas. C'était donc fini. C'était donc la dernière fois qu'il me revenait. Sept ans après, beaucoup de choses avaient changées. Le décor, les gens, la vie n'étaient plus tout à fait les mêmes. Mais j'étais toujours là, enfouie sous ma couette et mes coussins, ma tablette de chocolat au lait Milka. Avec John Carter...



Tout à une fin. La vie comme les séries. Même un service d'urgences a une fin. La série phare des années 90 s'apprête à fermer les portes des salles de trauma où nombres de blouses blanches et de corps ensanglantés se sont succédés après 15 ans de bons et loyaux services. C'est officiel, le 23 août prochain, l'équipe du Cook County  Hospital quittera définitivement notre petit écran. Elle laissera derrière elle des performances incroyables (327 épisodes, série la plus nominée aux Emmy Awards, ...), des blouses blanches aux noms prestigieux tels que Mark Greene, Doug Ross et John Carter, mais ce qu'elle laissera avant tout se sera cette capacité fantastique à se rapprocher au plus près du réel, comme nul avant elle n'avait réussit à le faire. Deux lettres: ER (Emergency Room pour la version orignale), deux lettres qui éveille les souvenirs des fidèles de la messe du dimanche soir. Loin des sarcasmes de Doctor House et des coucheries de Meredith Grey et de Dereck Sheperd, aux urgences du Cook Country de Chicago ont sauvent des vies en même temps que la vie suit son cours. A l'origine de la série, on retrouve deux grands noms: le romancier Michael Crichton et le réalisateur Steven Spielberg. Leur seconde collaboration, la première étant Jurassic Park, a pour but de révolutionner l'image du monde hospitalier par le biais du petit écran. Ils se lancent dans un épisode pilote où les specteurs découvrent pour la première fois les aventures d'un service d'urgences d'un modeste hôpital universitaire américain. Nous sommes en 1994, la petite série de NBC s'apprête à révolutionner le petit écran. Les saisons s'enchaînent, les blouses blanches s'échangent, d'autres tombent mais l'audience est au rendez vous.

Chaque dimanche soir, des deux côtés de l'Atlantique, les spectateurs attendent avec impatiente leur rendez-vous médical. Tout va très vite autour d'eux, des brancards un peu partout dans les couloirs, une salle d'attente pleine à craquer, des voix demandant de suite des NFS, Chimie, Iono, gaz du sang, des infirmières courant de tous les côtés, des médecins et des internes flirtant dans la pharmacie ou sur les toits du Cook County. Voici la marque de fabrique d'Urgences: un vocabulaire ultraréférencé, une caméra en immersion dans un service maudit et puis des êtres qui s'aventurent à sauver le commun des mortels. Ajoutez à cette recette étonnante une petite dose d'amour entre les professionnels de la trachéotomie et de l'intubation et vous obtiendrez le succès des séries télévisées des nineties. Si Urgences a fonctionné, ce n'est pas uniquement grâce au plus beau pédiatre de tous les temps et de ses amours contrariés avec l'infirmière Carol Hataway. Non, si Urgences entre au panthéon des séries télévisées, Doug Ross (alias George Clooney) n'y est pas pour grand chose. Urgences doit son succès a son réalisme. En ouvrant les portes de ses blocs opératoires et de ses urgences, le Cook County Hospital a plongé son spectateur dans un océan de réalité pénible à regarder et, parfois, à admettre. Nous sommes aux Etats-Unis dans les années 90, la caméra suit le rythme infernal d'un service maudit les urgences. Le lieu où l'on accueille et soigne ceux dont personne ne veut. Les alcooliques, les drogués, les sans abris, les immigrés. Le lieu où la modeste population américaine doit faire face aux inégalités de la couverture sociale. Combien de miséreux se sont succédés sous les stéthoscopes des médecins des urgences? Face à la misère et le mal de vivre de cette classe populaire, les cas de conscience se sont élevés tentant de venir en aide auprès de ceux que le système bafoue et humilie. Durant près de quinze ans, Urgences a essayé d'éveiller les consciences et les coeurs de ses spectateurs à grands coups d'événements tragiques. Combien de larmes versées ces dimanches soirs face à l'engagement du Docteur Carter au Darfour, à l'homosexualité du Docteur Weaver, à la séropositivité de Jeannie, au cancer de Mark Greene, à la mort de Michael Gallant en Irak, à l'alcoolisme de Abby Lockart... Au delà, des drames personnels que la vie a imposé aux professionnels du Cook County Hospital, il y avait les drames de tous ces patients arrivés aux urgences dans le froid de Chicago. Des drames imposés et commis par la société et le système américain. Le 23 août prochain Urgences fermera définitivement ses portes et nous laissera là, impuissant sur nos canapés du dimanche soir avec nos souvenirs. Hélas la triste réalité du système de santé américain, elle, subsitera et la population modeste américaine continuera à la subir.
Par zelda zonk - Publié dans : Douleurs
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Mercredi 22 juillet 2009 3 22 /07 /Juil /2009 19:45
Je vous l'accorde, la vie est un interminable dimanche. Où l'on s'ennuie, où l'on s'écorche les genoux aux rochers, où l'on se chamaille pour une pelle, une bouée, pour un seau, où l'on s'entre-tue, où l'on s'amuse à s'embrasser, où l'on construit des châteaux de sable en tournant le dos à la marée. Mais j'imagine qu'à la fin de la journée. En fermant les yeux on doit se dire. Que c'est un merveilleux souvenir.



Lacrimosa de Régis Jauffret



Par zelda zonk - Publié dans : Douleurs
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Vendredi 19 juin 2009 5 19 /06 /Juin /2009 19:27
Le jolie mois de juin ne serait pas ce qu'il est sans sa traditionnelle vague émotionnelle suscitée par le diplôme tant désiré et tant appréhendé par tant de lycéens. L'inévitable baccalauréat a débuté hier par  l'épreuve la plus crainte car la plus casse gueule. Les lycéens ont convoqué les esprits des plus grands, de Socrate à Tocqueville en passant par Platon ou Sartre, tous étaient au rendez-vous les yeux rivés sur la feuille blanche.

La philosophie. A la simple énonciation de ce mot nait dans nos esprits bons nombres de souvenirs douloureux. Des heures assis à écouter les paroles incompréhensibles d'un professeur au physique ingrat, les mots impénétrables de Hegel et le néant de Sartre et compagnie. Il y avait aussi des heures passées dans les rayons de la bibliothèque à chercher le moindre ouvrage en liaison avec le sujet inexplicable que le professeur de philosophie vous avez collé spécialement pour les vacances. La philosophie a rythmé votre année de Terminale, vous avez passé plus de temps à plancher sur Socrate qu'à vous déhancher en boîte. La philosophie a émoustillé votre quotidien. Renfermé dans une petite chambre, le bureau envahit de livres tous plus incompréhensibles les uns que les autres, la philosophie et vous formaient une union particulièrement agréable berçée par les Nocturnes de Chopin. Pour elle, vous avez déboursé 4 Euros pour la bible du savoir-vivre.  Epicure s'offrait à vous et sa philosophie avec. Ce soir là, page après page, vous avez compris la nécessité de la philosophie.  Epicure vous proposait La méthode pour le bonheur et celle-ci se construisait en trois axes fondamentaux: Dieu n'est pas à craindre, la mort ne donne pas de souci, et tandis que le bien est facile à obtenir, le mal est facile à supporter.  La leçon bien ancrée dans votre petite tête vous pouviez partir conquérir le monde. Vous aviez 17 ans, et Rimbaud vous avez confié ce magnifique secret que l'on est pas sérieux quand on a 17 ans.

Quelques années plus tard, la recette pour le bonheur d'Epicure a quitté votre mémoire pour laisser place à celle d'un philosophe contemporain à l'égoïsme fabuleux. "Recette pour aller mieux. Répéter souvent ces trois phrases: le bonheur n'existe pas, l'amour est impossible, rien n'est grave". Même si Beigbeder a déteint sur votre comportement et votre vision de la vie, il demeure cette petite flamme née de vos 17 ans. La philosophie. Elle, elle ne vous a jamais quitté. Calvaire de lycéen, devenu manière de vivre, fuite sans fin vers la quête d'un bonheur fugace. Il est tard et pourtant vous repartez à sa recherche. Egarée dans un vieux classeur, vous découvrez qu'elle vous a donné les plus belles notes de votre année de Terminale. Extraits.

Sujet de dissertation: La Culture fait-elle de l'Homme un animal dénaturé?


"Dans quelles buts l'Homme a t-il crée la culture? Deux réponses à cette question semblent totalement évidentes. La première étant que l'Homme éprouvait un réel besoin de connaître le "pourquoi" de la nature. C'est ainsi que la création de la culture lui aurait permis d'évoluer dans sa compréhension sur le "pourquoi" de ses origines. La seconde réponse est relativement plus pessimiste. Le but de l'Homme en donnant naissance à la culture était certainement celui d'un éloignement volontaire. S'éloigner des fatalités que la nature lui a injustement imposées. Ces mêmes fatalités que l'Homme peut transformer voire même faire complètement disparaître grâce au génie de la culture qu'il s'est bâti avec la complicité de l'humanité pendant tous ces siècles d'existence. La culture apparait comme un besoin féroce et parfois incotrôlable de l'Homme pour s'écarter peu à peu de ce que la nature a fait pour lui et pour se rapprocher de ce qu'elle n'a pas fait pour lui et son devenir. Les exemples flagrants d'une telle fuite s'alignent chaque jour sous nos yeux, les preuves d'un échappement devant la nature affluent au quotidien.
L'échappatoire premier, force majeur de notre humanité, est la religion. Le simple fait de croire en un dieu est un éloignement faussement aveugle de l'homme face à la nature qui l'a conçut. L'homme a certainement trouvé plus facile de croire en une religion donc à un être suprême et sacré que de croire en big bang hasardeux et mystérieux. L'Homme a préférer s'inventer un dieu pour se créer lui-même et affirmer un refus catégorique d'un univers élaboré sans le moindre geste de dieu. "La religion est l'opium du peuple" écrivait Marx dans sa Critique de la philosophie du droit de Hegel. Phrase maintes fois reprises qui laissait transparaitre l'idée d'une comparaison entre la religion et la drogue. La religion s'empare de la définition d'une drogue puisque elle aussi elle apaise l'Homme de toutes ses souffrances que lui inflige l'existence. Elle atténuerait également ses difficultés ancestrales à comprendre ce fameux "pourquoi" qui plane autour de la conception de nature humaine. Toutefois cette drogue qu'incarne la religion s'avère dangereuse. Comme toutes les drogues, elle monte à le tête, s'empare d'elle et bouscule l'Homme dans sa façon d'exister et l'éloigne, très probablement, de la vérité sur les fatalités de son existence donc de la nature elle-même..."





Par zelda zonk - Publié dans : Douleurs
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Plan séquence

"La vie est un long plan séquence qui va de la naissance jusqu'à la mort", de temps en temps, on aimerait couper des scènes au montage car elles n'ont strictement rien à faire dans l'histoire. La lumière n'y est pas bonne et les figurants sont mauvais. Et puis parfois, on aimerait revivre d'autres scènes, les rejouées jusqu'à abîmer la bobine pour savourer ces instants si parfaits. Quoique l'on dise la fiction rejoint toujours la réalité... 

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