Mardi 1 décembre 2009 2 01 /12 /Déc /2009 15:08

Depuis la rentrée, France 5 propose à ses téléspectateurs de (re)découvrir la banlieue sous un regard inhabituel : le regard d'une personne connu sur un univers inconnu. Une fois par mois, « Teum Teum » s'accompagne d'une célébrité pour partir à la rencontre de la population qui vit de l'autre côté du périph '. Un monde si proche et si loin à la fois.


Alors que TF1 tente de prouver sa bonne foi envers la banlieue avec une nouvelle émission plongeant son animateur vedette (Harry Roselmak) dans cette univers souvent maltraité par la caméra de la première chaine, France 5 continue à diffuser « Teum Teum » avec un ton d'une justesse étonnante. Ni angélisme, ni stigmatisation, l'émission se veut avant tout porteur de rencontres citoyennes. Comme l'explique son animateur Juan Massenya l'idée est de « se faire inviter chez les gens, partager des moments avec eux, leur donner la parole ». Une parole souvent oubliée ou alors traitée à la va-vite uniquement en temps de polémique sur la banlieue. L'émission s'aventure au travers des grandes barres de béton de La Courneuve, par exemple, et croise des visages d'enfants, adolescents, parents et grands parents. Des êtres qui jouent au foot, squattent les bancs publics, travaillent ou sont en recherche de travail. Un microcosme. Celui de la banlieue qui vit. La caméra s'arrête sur ces visages et elle y apporte un regard différent de tout ce qu'on a vu jusqu'ici sur la banlieue. Elle se fixe sur ces visages d'une France trop souvent oubliée voire humiliée par les politiques comme par les médias. Avec un regard bienveillant mais jamais complaisant, la caméra ne se veut pas intrusive comme ses consœurs. Elle s'installe dans ce paysage avec douceur et, malgré la misère d'un tel environnement, elle prend le temps de chercher l'humanité qui règne en ces banlieues avec une réalisation cherchant à embellir l'urbain.


France Télévision, quoi qu'on en dise, perpétue sa mission de service public : être au plus près de la réalité et du citoyen. Encore une fois, avec ce nouveau concept, elle s'évertue à produire un programme de qualité où la découverte du modeste citoyen est favorisée. « Teum Teum » inaugure un vrai style de "télé-réalité" : une fois par mois on découvre la vie d'anonyme sous l'œil d'un people. Le succès de l'émission doit beaucoup, hélas ou non, à ces célébrités qui acceptent de jouer le jeu. « Teum Teum » est une sorte de « Rendez-vous en terre inconnue » pour ces personnalités évoluant dans un milieu aisé et qui viennent à la rencontre de ce milieu si différent. Le présentateur Juan Massenya joue le rôle d'un guide médiateur et mène ces personnalités à la rencontre des habitants de banlieues. Les scènes sont très révélatrices de la convivialité qui peut y régner contrairement à ce que laisse supposer les autres médias. Geneviève de Fontenay, dernière invité en date, s'est amusée à déambuler du snack au terrain de foot pour les filles. Sans cesse reconnue et saluée par les habitants, personnes âgées ou jeunes adolescents, sa présence dans l'émission a permis d'aborder des sujets aussi vaste que la place des filles en banlieue ou la Marche pour l'égalité et contre le racisme dans les années 80. Quelques mois auparavant c'était l'humoriste Stéphane Guillon qui inaugurait l'émission et découvrait la cité des 4000 de la Courneuve. Le chroniqueur de France Inter, toujours aussi cynique, disait alors avoir lui aussi grandit en banlieue, à Neuilly exactement, « mais je m'en suis sorti » lâchait t-il avec ironie. Malgré les bons mots de Guillon, ce qui marqua dans ce très bon épisode de « Teum Teum » c'est la capacité de la caméra à capter les instants de grande émotion. Guillon débarquait sur cette terre inconnue et ses yeux bleus se posaient sur cette tour de béton aux 4000 logements. On pouvait alors lire sur son visage, le désarroi d'un citoyen face au délabrement de sa propre société. Malgré les bons mots de l'humoriste, on sentira une vive indignation chez l'homme à chaque séquence de l'émission. Notamment sur le regard qu'il portera sur l'architecture du lieu qui a comme finalité la déshumanisation pur et simple de l'endroit. En fin de journée, sous le ravissant ciel de la Courneuve, « Teum Teum » a su révéler autrement le visage de la Courneuve. Sans racaille et sans Kärcher mais avec des rencontres pleines de conviction, le spectateur et l'invité auront tenté de comprendre, par la discussion et l'intérêt à l'autre, l'univers délicat de cette terre négligée par tant de politiques.


« Teum Teum », qui vient du mot "appartement" en verlan, affiche une réelle envie de changer la vision faussée de la banlieue que l'on nous sert depuis des années à travers notre petit écran. Véritable road-movie dans un univers complexe mais fécond de jeunes talents, « Teum Teum » est une occasion formidable de regarder la banlieue sous un angle différent. Droit dans les yeux pour dire haut et fort, à ceux qui en douteraient encore, qu'elle vit au quotidien et non pas au rythme des drames et délits qui font la une des journaux.

 

 

Site de l'émission "Teum Teum"


Par zelda zonk - Publié dans : Actualités
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Plan séquence

"La vie est un long plan séquence qui va de la naissance jusqu'à la mort", de temps en temps, on aimerait couper des scènes au montage car elles n'ont strictement rien à faire dans l'histoire. La lumière n'y est pas bonne et les figurants sont mauvais. Et puis parfois, on aimerait revivre d'autres scènes, les rejouées jusqu'à abîmer la bobine pour savourer ces instants si parfaits. Quoique l'on dise la fiction rejoint toujours la réalité... 

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