Dimanche 22 mars 2009 7 22 /03 /Mars /2009 12:06

Sous le ciel de Paris, la vie est autre. Vie d'un autre temps, vie en dehors du temps, l'espoir fleurit au ciel de Paris chantait la môme Piaf. Il fleurit avec son lot d'images, de textes et de chansons. Le Paris d'aujourd'hui est le Paris d'autrefois. Un Paris de l'au-delà, où l'on croise les fantômes de gens aimés et admirés qui ont traversés les rues, les ponts et les faubourgs de la plus belle ville du monde. L'air émerveillé, j'ai croisé des fantômes, des lieux fantômes, des gens fantômes, des objets fantômes. Piaf essuyait les verres au fond du café, elle avait bien trop à faire pour pouvoir rêver. Gréco chantait avec un air blasphématoire Dieu est nègre sur le boulevard Saint Germain. Miles Davis n'était très pas loin à préparer les notes d'Ascenceur pour l'échaffaud et Jeanne Moreau, déguisée en garçon, courait sur les quais de la Seine après Jules et Jim. Truffaut, à un coin de rue, imaginait les 400 coups d'Antoine Doinel. Pendant ce temps là, Jean Paul Belmondo et la belle Anna Karina prenait une voie unique vers un ailleurs parce que, selon eux, c'était le moment de quitter ce monde dégueulasse et pourri, reconnaissant deux des siens la Statue de la Liberté leur adressa un salut fraternel. A quelques pas, sur un quai de la Seine, Jean Pierre Cassel jouait les farceurs pour épater la belle Anouk Aimée. Jean Seberg vendait le Herald Tribune sur les Champs Elysées alors que Ingrid Bergman et Humphrey Bogart se bécotaient à la terrase d'un café avant de se […]
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Samedi 21 mars 2009 6 21 /03 /Mars /2009 22:44


Non, Marilyn Monroe n'est pas morte. John Kennedy n'a pas été assassiné à Dallas. Et les américains n'ont jamais marché sur la Lune. Je ne suis pas devenu folle, mais en l'espace de quelques minutes passées sur les pages d'un roman de Patrick Besson, j'ai cru au pouvoir des mots et de l'imagination. Lorque la littérature rencontre le cinéma, quand la réalité croise le chemin de l'imagination, cela donne des récits fous, complètement surréalistes, qui nous donnent profondément envie de croire en autre chose qu'aux théories loufoques que l'on nous sert depuis des années. La question dans ce roman de Besson n'est pas de savoir pourquoi Marilyn a été assassiné mais pourquoi n'est elle pas morte. Peu probable me direz vous. Totalement plausible lorque l'on croit à la rencontre improbable du cinéma et de la littérature, une explosion imaginative qui donne naissance à un récit fou où l'intrigue mène le lecteur du nord des Etats Unis, en passant par la Suède pour arriver jusqu'à la Promenade des Anglais de Nice. Vous n'y croyez pas et pourtant vous allez y croire jusqu'au bout, juqu'à la dernière page où l'on apprend la véritable identité du cadavre trouvé le 4 août 1962 au 12305 Fifth Helena Drive. "Sa façon de nouer son foulard. Personne à part elle n'enfonçait comme ça les mains dans les poches d'un trench-coat. La voix se brisait sur les mêmes mots. Le nez irréfutable. Les yeux rayonnaient d'ancienne célébrité. Le front était chagrin comme avant". Il n'y a aucun doute. C'est […]
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Samedi 21 mars 2009 6 21 /03 /Mars /2009 21:09


"De retour à Paris, en septembre, nous nous plongeâmes dans le drame qui pendant deux ans et demi domina toute notre vie: la guerre d'Espagne. Les armées de Franco n'avaient pas triomphé aussi rapidement que la droite l'espérait; elles n'avaient pas non plus été écrasées aussi vite que nous l'escomptions. La marche des rebelles sur Madrid avait été brisée, mais ils avaient pris pied à Séville, à Saragosse, à Oviedo. A peu près toute l'armée - 95% - presque tout l'appareil de l'Etat avaient passé du côté de Franco: pour se défendre, la République ne pouvait compter que sur le peuple... Il s'était porté à son secours dans un immense élan. A Madrid, à Barcelone, les ouvriers avaient pris d'assaut les casernes et c'étaient armés eux-mêmes; les Madrilènes avaient hissé les drapeau rouge sur la caserne de Montana. Les paysans sortaient de leurs greniers les vieux fusils. Dans les villes et les villages, les miliciens, faute d'armes, faisaient l'exercice avec des bâtons: il y avait de nombreuses femmes dans leurs rangs, elles étaient aussi ardentes à se battre que les hommes... L'héroïsme d'un peuple aux mains nues allait barrer la route aux troupes équipées et disciplinées que jetaient contre lui la Propriété, l'Eglise et la Finance: c'était une épopée bouleversante et par laquelle nous nous sentions directement concernés..." Extrait Simone de Beauvoir, La Force de l'Age.
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Lundi 9 mars 2009 1 09 /03 /Mars /2009 20:57


Au menu ce soir: Patrick Bruel en premier pour faire crier les midinettes, Dany Boon pour racoler du côté des chti's, puis Pierre Arditi et Patrick Chesnais pour charmer la ménagère de plus de 50 ans, Karine Viard, Marina Foïs, Marina Hands et Christopher Thompson pour séduire les trentenaires. Danièle Thompson est une fine cuisinière, sachant parfaitement doser les têtes d'affiches de ses films, afin d'élaborer un dîner sans tête de con mais avec une cuisine un brin stéréotypée. Vous l'aurez bien évidemment compris, la nouvelle comédie populaire de Danièle Thompson arrive avec son casting de stars et son lot de tourments. Après deux longs métrages très réussies (La Bûche, Fauteuils d'orchestre), Danièle Thompson se livre à nouveau à la comédie chorale avec Le Code a changé, où le destin des uns croise le destin des autres, ce qui forme un énième film choral plutôt réussi. La réalisatrice fait du déjà vu, le dîner qui tourne au vinaigre, le dîner entre amis qui finalement ressemble plus à un vaudeville de Feydeau qu'à un dîner d'amitié. Le duo Jaoui-Bacri avait excellé dans le très grinçant Cuisine et Dépendance, où un dîner aux airs de huit clos tournait en règlement de comptes tordant entre jalousies, secrets, haines et regrets. Dans un genre tout différent, Danièle Thompson réutilise le concept du dîner entre amis pour mettre au coeur de son cinéma une réalité. La réalité des beaux quartiers. On peut trouver bien des erreurs au cinéma de Danièle Thompson,:quelques […]
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Dimanche 8 mars 2009 7 08 /03 /Mars /2009 22:40


Elle m'attend sur ma table de nuit tous les soirs depuis une éternité et la crainte de l'oubli l'accompagne en permanence. C'est amusant ce soir en m'endormant, je réalise que juste à côté d'elle, il y a des livres de Simone de Beauvoir, Françoise Giroud, Marguerite Duras et aussi Régine Desforges. Je me demande comment c'était à leur époque et avant aussi, en ces temps obscurs, ces siècles où la devise était celle du travail, de la famille et de la patrie. Je me dis que tout ça était écrit, que ce sacré bon Dieu l'avait dit à Eve dans le jardin d'Eden. Il lui avait promis ce destin, le mauvais destin, celui du deuxième sexe, sexe faible au service du sexe fort. Pour revisiter la Bible, soyons fous, je dirai que le bon dieu nous avait prévenu, de notre malheur promis ici-bas, c'est comme si il avait lancé à Eve (avec une voix de macho): "Ecoute fillette, tu seras le sexe faible. Les seins, les règles, enfanter, cuisiner, repasser, éduquer, tout ça cela sera pour toi et à toi de te débrouiller avec. Désolé fillette, mais dans le scénario de cette histoire de l'humanité tu auras le mauvais rôle". Voici ma version. La version de Dieu est plus catholique, plus proprette, normal: "Femmes, que chacune soit soumise à son mari et au Seigneur", "Ce n'est pas la femme qui dispose de son corps c'est son mari", "Si elles veuleut s'instruire sur quelque chose qu'elles demandent à leur mari à la maison", "Je veux aussi que les femmes soit vêtues d'une manière décente, avec pudeur et […]
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Samedi 7 mars 2009 6 07 /03 /Mars /2009 21:44


Les portraits à charge se multiplient pour la (bientôt) ex-Ministre de la Justice, Rachida Dati. Cette semaine, Arte proposait un énième portrait de la Garde des Sceaux. Intitulé Dati, l'ambitieuse ce documentaire retracait l'ascension d'une battante. Rachida Dati, la touch' exotique du gouvernement Sarkozy: Rachida Dati, fille d'immigrés algériens, un père maçon, une mère au foyer, une famille de onze enfants prisonniers des barres de béton de Châlon-sur-Saône, des origines "extraordinaires" pour un ministre de la république de quoi faire bien pleurer dans les chaumières. Devenu ministre sous l'ère Sarkozy, les médias ne cessent de nous sortir ce traditionnel discours de la pauvre petite fille atteignant les sommets de l'Etat et les sunlights de la haute société. Partir de rien pour arriver à tout, le rêve de tous les banlieusards coincés dans leur ascenceur social qui pue la pisse, comme le dirait si bien Jamel Debouze. Là où certains fils et filles d'immigrés ont réussit à grands coups de tenacité, de travail et de courage, Rachida Dati, elle a réussit à coup d'ambition mal placée, de calculs et de communication. Le parcours de Rachida Dati étonne: vendeuse puis aide-soignante, maîtrise de sciences économiques dans une poche puis maîtrise en droit public dans l'autre (...) les différentes vies de Dati ont été parsemées de rencontres qui lui ont permis de survoler les marches qui mènent jusqu'aux hautes sphères du pouvoir. Pour la petite fille d'immigrés, la fin […]
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Samedi 7 mars 2009 6 07 /03 /Mars /2009 15:04


A la recherche du temps perdu, avec un titre comme celui-ci la couleur était donnée d'avance: casse-tête incroyable, présumais-je, jusqu'à il y a quelques jours. Aujourd'hui j'ajouterai "casse tête incroyablement beau". Je revois encore ma tête lorsque en cours de stylistique le prof nous avait distribué les copies d'un extrait de l'oeuvre colossale de Marcel. "M'sieur, il n'y a pas une erreur de photocopie?", où est donc passée la ponctuation? La ponctuation chez ce bon vieux Marcel nous fait faux bond, elle est inexistante, le point invisible et les mots vagabonds et furibonds s'alignent au fil d'une phrase sans fin. Fureur de vivre et fureur de se souvenir c'est ce qui agite ce cher Marcel Proust. Par la plume, il part à la recherche du temps perdu, ce temps que les êtres voient passer sur leurs vies, un visiteur rapide que l'on a à peine le temps de reconnaître. L'incapacité à saisir le temps présent, vaste sujet. Le tourbillon de la vie fait rage, le temps est emporté et les moments heureux avec. Mais l'événement inattendu arrive -une madeleine trempée dans un tasse de thé, l'odeur d'un arbre, se heurter à un pavé- peu importe l'événement, ce dernier donne toujours naissance à un monde nouveau, une sensation étrange car déjà vécue dans des temps passés dont la mémoire à ranger les sensations au grenier. Avec Proust, le temps n'existe qu'au passé, dans l'après, dans les échos d'un présent à une jeunesse oubliée, enfouie et regrettée par la même occasion. Longtemps, […]
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Vendredi 6 mars 2009 5 06 /03 /Mars /2009 23:59


Dans un taudis, un soir de Noël, un disque tourne sur une platine. Alors que la voix de Serge Gainsbourg enveloppe l'atmosphère avec volupté, une mère tue son enfant et met fin à ses jours. Dix huit ans après, la majorité en main, Marie, une adolescente mi-vulnérable mi-provocante par à la recherche de son passé et d'un père absent. Une adolescence cabossée qui n'est pas sans rappeler Charlotte Gainsbourg dans La Petite Voleuse et L'Effrontée de Claude Miller. Jean Becker filme ici, les choses de la vie (le mal de vivre, le besoin d'amour,...), les choses refusées à son héroïne. L'affiche est trompeuse. Marie n'est pas Elisa, elle le devient, elle délaisse Marie l'orpheline pour l'Elisa avec "qui les autres on s'en fout". La chanson de Gainsbourg en cela est le personnage central de ce mélodrame où se succèdent nombres de grands acteurs français (Gérard Depardieu, Michel Bouquet,...). L'Elisa de Gainbourg partage l'affiche avec une autre création gainsbourienne: Vanessa Paradis. Un ange aux attitudes de démon, une nouvelle effrontée, aussi charmeuse et dangeureuse qu'Isabelle Adjani dans L'Ete meutrier. La comparaison est inévitable. Douze ans après les mouvements de hanche d'une Adjani plus sensuelle que jamais, c'est autour de Vanessa Paradis d'endosser le rôle de la jeune fille au passé dévasté. Celle sur qui tous les hommes se retournent, comme Souchon se retournait sur le corps érotisé d'Isabelle Adjani. Le décor change: la campagne laisse place aux décors de la […]
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Vendredi 6 mars 2009 5 06 /03 /Mars /2009 23:31


Quand le meilleur écrivain français de la génération des nineties fait son cinéma cela donne une émission de critique cinématographique brutale et passionnée dans un décor hors du commun avec une pléïade de critiques. Fréderic Beigbeder fêtait, vendredi dernier sur la chaîne cryptée, la centième de son émission Le Cercle, auparavant présentée par la dame du cinéma de Canal plus, Daphné Roulier. Réunissant la fine fleur de la critique française (Xavier Leherpeur, François Bégaudeau, Frédéric Bonnaud, Marie Sauvion...), Beigbeder s'agite avec enthousiasme pour le grand écran comme il le fit auparavant pour ses comparses littéraires. Tous les vendredi à 22H20 sur Canal Cinéma, les sorties de la semaine sont passées sous tous les angles par les yeux et la verve brillante de critiques de cinéma. En vérité, le rendez vous des critiques a lieu un matin de la semaine dans un endroit insolite. La télévision quitte les médiocres décors de carton- pâte pour investir un lieu où rien ne va plus. Les dés sont jetés dans l'arêne de la critique qui se déroule à des heures bien matinales dans un cercle de jeux du XIII ème arrondissements. Le Cercle regroupe des orateurs talentueux et un bon public assis sagement dans l'obscurité d'un tel lieux. Beigbeder, chef d'orchestre majestueux, donne la première note et le tour est joué, l'émission est lancée avec passion. Loin de l'éternelle ritournelle de la promotion de tel ou tel film, Le Cercle étonne par sa curiosité intellectuelle, sa […]
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Jeudi 5 mars 2009 4 05 /03 /Mars /2009 18:37


Marilyn et moi c'est une longue histoire. Une passion enfantine. Une robe blanche soulevée par une bouche de métro. Une robe rose parsemée de diamants. Un baiser échangé avec Tony Curtis. Une rivière sans retour. Une petite passion pour Montand. Le désert du Nevada avec Gable, un personnage vulnérable en quête d'amour et de tendresse. Mais après les images viennent les pages, des pages et des pages... Dans mon temple dédié au sex-symbole, que fut et qu'est toujours Marilyn Monroe, je ne peux en sortir qu'une pièce magistrale. Chaque pièce de ce temple est un bijoux d'originalité, une fable ennivrante sur la destinée tragique d'une femme du XXème siècle. Marilyn Monroe est une matière subjuguante pour l'écrivain, l'héroïne parfaite, la femme aux mille facettes, la star de cinéma à l'enfance chaotique, le destin d'exception d'une jeune femme qui débute par des photos de charme très osées pour l'époque et qui devient la star de cinéma du siècle grâce à un charme mutin et un corps fabuleux. Sous estimée Marilyn le fut grandement, sans cesse réduit à sa plastique de rêve, le corps d'une femme faisant de l'ombre au talent de l'actrice. Hélas, l'ombre fait encore rage dans le dernier écrit sur la star. Une mince nouvelle de quarante pages au titre alléchant. Une Nuit avec Marilyn, titre fantasme qui prend très vite les allures du titre arnaque. Le spitch est diablement séduisant. L'auteur (Alina Reyes) nous promet un secret fantasmé par la terre entière. Un amour mystère, un […]
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Mardi 3 mars 2009 2 03 /03 /Mars /2009 17:31


Des histoires de types qui ne sont pas vraiment des gangsters mais qui sont juste vraiment dans la merde. Voilà l'histoire que conte avec humour Samuel Benchetrit. Quatre histoires distinctes, réunies selon une logique temporelle et spatiale qui n'est pas sans rappeler le cultissime Pulp Fiction. Le point commun à ces quatre histoires hallucinantes est une simple cafétaria minable d'autoroute. Dans un premier épisode hilarant se pointe un Edouard Baer en cavale qui braque la cafét' comme François Pignon braquait une banque dans Les Fugitifs, c'est à dire de façon minable mais hillarante. Destabilisé par un belle serveuse brune aux yeux verts à la voix grave, Anna Mouglalis, il en restera là de sa vie de gangster et préférera commander un "Kim Basinger Burger". Second épisode, intitulé "Pourquoi tu veux mourir petite?" est interprété par un duo belge délirant, Bouli Lanners et Serge Larivière. Ces deux kidnappeurs de pacotilles, avouons-le, décident de kidnapper une gosse de riche aux élans suicidaires. Se forme alors un tendre trio où l'on devine que les deux gangsters "dans la merde" ne sont que des apprentis psy. Leur duo évoque agréablement les tendres disputes de Laurel et Hardy avec des quiproquos à mourir de rires. Nouveau récit, celui de deux stars du rock, ou plus exactement deux monstres du rock sur lesquelles les années ont passé et les rancunes aussi. Rencontre insolite dans une cafét' aux airs de taudis entre les deux voix mythiques d'Alain Bashung et d'Arno. […]
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Lundi 2 mars 2009 1 02 /03 /Mars /2009 17:30


Il est mort, le poète. Le 2 Mars 1991, Lucien Ginzburg alias Serge Gainsbourg quittait la scène. Retrouvé sans vie à son domicile de la rue de Verneuil, qui porte encore aujourd'hui les traces de l'amour sans fin que lui porte le public, Gainsbourg est mort seul d'une crise cardiaque l'ayant emporté pendant son sommeil. Le poète est mort la nuit "parce que la nuit, c'est mieux" disait-il. Homme d'un autre siècle, poète teinté d'un dandysme et d'un cynisme charmant, génie de la chanson française, amateur de femmes, fumeur invétéré de gitanes, artiste aux mille visages ayant traversé avec agilité les différents styles musicaux de son siècle, Gainsbourg demeure l'icône suprême d'une chanson française intelligente. En écoutant sa voix, sa prière et son coeur qui bat, comme il le demande si sensuellement dans L'Eau à la bouche, on se laisse faire, se laisse aller aux mots si finement trouvés et si magnifiquement poétisés. Gainsbourg, Le Poinçonneur des Lilas est devenu l'homme qu'on regarde avec passion. Ce monstre de modernité a traversé le siècle avec un longueur d'avance, une intelligence supérieur à ses contemporains: jazz et java, pop anglaise et rock, reggae et sonorités d'Amérique du Sud... Artiste Rimbaldien à l'extrème, poète maudit et amusé, Gainsbourg avait pour livre de chevet les vers détournés d'un Baudelaire, d'un Huysman ou d'un Oscar Wilde. Au delà d'un talent musical incontestable, il y a ces textes d'une beauté d'un autre temps, à la vérité indéniable. Des […]
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Dimanche 1 mars 2009 7 01 /03 /Mars /2009 20:33


Après les Césars, les Victoires. Après le cinéma, la musique. Séraphine a tout rafflé au Théâtre du Châtelet. Bashung a tout éclipsé sur la scène du Zénith. 24 ème Victoire de la Musique et 11 Victoires à l'homme aux lunettes noires qui devient l'artiste le plus primé de cette manifestation. Alain Bashung ensorcelant et émouvant cherchant les mots pour remercier tant de considération aussi bien du côté des professionnels que du public. Une triple récompense (meilleur artiste masculin, meilleur album de chanson, meilleur spectacle musical) qui vient saluer une carrière aux albums mythiques comme Osez Joséphine ou Fantaisie Militaire. Bleu Pétrole, son nouvel opus, s'écoute en boucle. Des mélodies folk aux allures country, des textes d'une beauté incroyable (Résident de la République), Bashung récemment qualifié de "dernier géant" par Les Inrockuptibles livra une prestation de géant, en ce samedi soir sur la scène du Zénith. Ovation méritée et répétée par le public pour un grand monsieur de la chanson française, un génie que Arthur H comparait, en coulisses, à Gainsbourg. La chanson française et son paysage aux teintes monochromes. Les noms se répétent et les professionnels ne semblent pas sans lasser. Du Bénabar, Anaïs, Camille, Delerm, Cali, la Nouvelle Scène Française qui n'est plus tout à fait neuve, à vrai dire. Malgré les répétitions des anciens, il y avait quelques nouvelles têtes de talent: The Do, Moriarty, Micky Green, Julien Doré, et les BB Brunes. Des […]
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Samedi 28 février 2009 6 28 /02 /Fév /2009 16:14


Dans un pittoresque hommage rendu à Dustin Hoffman, l'actrice britannique Emma Thompson a fait référence à son film favori. Un film français, film d'une autre époque, film de tous les temps, Les Enfants du Paradis et le théâtre de ses amours perdus: le théâtre des Funambules présent 60 ans après sur la scène du Théâtre du Châtelet, à Paris. En citant cette oeuvre magistrale de Marcel Carné, l'actrice voulait rendre le cinéma à sa première fonction: un spectacle. Un spectacle de funambules. Dans une brève leçon de cinéma, Dustin Hoffman surenchérit cette idée en lançant cette phrase, sa définition du cinéma: "Nous voulons vous rendre heureux". Dans la salle du Châtelet ou devant le petit écran, le spectateur est heureux. Heureux de revoir des images qui ont bercé son enfance, son adolescence, sa vie. Les Césars demeure cette fête du cinéma d'aujourd'hui sans oublier la grandeur du cinéma d'autrefois. 2009, année de cinéma, année des adieux à quelques êtres uniques du Septième Art. Vibrant hommage rendu à Claude Berri et à son art majeur: un cinéma d'éclectisme. Une salle pleine à craquer se lève pour saluer le parrain de cette famille pas comme les autres. Acte rare. L'ovation durera plusieurs minutes. L'autre saltimbanque disparu cette année, Guillaume Depardieu, aura eu droit a un bien maigre hommage, un extrait seulement de Tous les matins du monde de Corneau. Depardieu fils, comme Depardieu père, de là haut doit se moquer éperdument d'être salué ou non par la […]
Par zelda zonk - Publié dans : Cinéma
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Jeudi 26 février 2009 4 26 /02 /Fév /2009 20:57


"NTM n'est pas le souvenir d'une époque, NTM est la preuve que la jeunesse a bien eu lieu, c'est une bombe atomique dont la déflagration n'a pas fini de nous faire trembler, c'est la modernité qui n'en finit pas, c'est la rumeur des villes et du béton. On accuse NTM d'incitation à la violence, on accuse NTM d'encourager la jeunesse à foutre le feu. Johnny a le droit d'Allumer le feu et les Doors de Light my fire, mais pour les autres ceinture. Les poètes d'un côté, les vandales de l'autre." Joy Sorman, Du Bruit.
Par zelda zonk - Publié dans : Littérature
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Plan Séquence

"La vie est un long plan séquence qui va de la naissance jusqu'à la mort. De temps en temps on aimerait couper certaines scènes au montage"  car la lumière y est mauvaise et les acteurs médiocres. Et puis dès fois, il subsiste des scènes que l'on désirerait rejouées jusqu'à en abîmer la bobine. Celles ci sont si parfaites qu'elles semblent sorties d'un film de Claude Sautet....  Hélas, il faut se résigner et cesser de croire que la fiction rejoint la réalité...

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